We need to talk about KevinIl semble que les films sur les difficultés d'être mère soient à la mode en ce moment, avec pas moins de trois films sur le sujet en quelques semaines ! D'abord La Brindille qui traite de la grossesse non désirée, ensuite Un heureux évènement qui parle de la difficulté de gérer le statut de mère après l'accouchement et enfin We need to talk about Kevin qui aborde la problématique de l'éducation... So then, let's talk about Kevin !

Réalisé par Lynne Ramsay, sorti le 28 septembre 2011

Le pitch

Eva doit survivre après l'horrible crime commis par son fils de 16 ans, Kevin. Entre brimades de ses voisins, tentatives de retrouver un travail et visites à la prison, Eva se remémore sa vie de célibataire voyageuse, sa rencontre avec Franklin et leur passion mutuelle, la naissance de Kevin et leur relation tendue depuis sa plus tendre enfance, puis celle de Célia, figure angélique opposée à son frère... Pour finir par l'abominable carnage perpétré par son propre fils.

La critique

Il faut d'abord dire que le film est mis en scène de façon à désorienter tout spectateur qui n'en connaitrait pas le sujet. Le film est un patchwork de scènes présentes et passées qui se croisent, s'enchevêtrent de manière indépendantes les unes des autres. Le temps s'écoulant de manière anarchique et ne laissant aucun indice au spectateur pour s'y retrouver.

Les premières scènes montrent Eva, jeune, qui s'amuse avec des millers d'autres gens lors de la Tomatina en Espagne. Puis, séquence suivante, on la retrouve des années plus tard dans une maison délabrée, entourée de détritus et de flacons de médicaments. Cette femme qui montre tous les symptômes de la dépression, semble ostracisée et maltraitée par ses voisins pour on ne sait quelle raison. On se focalisera alors sur les séquences souvenirs, qui sont la clé du mystère présent.

Les souvenirs d'Eva retracent le cours de sa vie depuis sa rencontre avec Franklin, avec qui elle a connu l'amour et avec qui elle a fondé sa vie et sa famille. Sa grossesse, qui semble l'avoir prise au dépourvu et ses difficultés à la gérer. Comme en réponse à la tiédeur d'Eva face à sa maternité, Kevin s'avère être un bébé difficile... Mais seulement en présence de sa mère ! Alors qu'il se transforme en enfant exemplaire dans les bras de son père. Kevin grandit et devient de plus en plus malveillant et sournois envers Eva, qui tente pourtant de se rapprocher de lui tant bien que mal, jusqu'au point de rendre leur relation malsaine... Et par la même, de rendre le spectateur mal à l'aise. Pourtant, pendant ces 16 années de mauvais et loyaux services, il n'y a pas une seule âme pour se rendre compte de la malfaisance du jeune Kevin, pas une seule preuve pour forcer Franklin à ouvrir les yeux sur le harcèlement psychologique dont Eva est victime, personne pour se méfier des horreurs que l'adolescent pourrait inventer ! Mais alors, qu'en est-il ? Est-ce que les souvenirs qu'on nous a servi seraient falsifiés ? Est-ce la perception d'Eva qui fait de Kevin un monstre ? Car sans ça, toute cette histoire semble bien peu crédible...

We need to talk about Kevin est présenté comme un film où la mère, Eva, se questionne sur ce qu'elle a fait ou aurait pu faire pour changer son fils, ainsi que le cours des choses... Je n'ai pas saisi à quel moment se faisait la réflexion ! Kevin est présenté dès son plus jeune âge comme un démon, point barre. A moins de l'exorciser, je ne vois pas comment l'enfant aurait pu devenir meilleur... Pour moi c'est plutôt un film sur la déchéance d'une femme qui, par la force des choses, finit par se raccrocher à la seule chose qui lui reste : son fils, son bourreau.

Le film est plombant... Aussi bien par son ambiance glauque que par son rythme, sa parcimonie de dialogues, ses plans flous ou hors champs, ses personnages peu expressifs voire léthargiques. Tilda Swinton, pourtant très bonne actrice, ne fait pas ici preuve d'un jeu très varié. Quant au jeune Ezra Miller, qui arrive à attirer l'oeil grâce à se jolie petite gueule, son jeu reste encore bien maladroit... Il ne suffit pas d'un regard par-dessous et d'un sourire en coin pour paraître sournois et malveillant !

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