La Planète des singes: les origines

Rupert Wyatt signe un retour réussi de la Planète des singes au cinéma. Une adaptation du roman de science-fiction de Pierre Boulle qui s’attarde sur les origines de la saga culte et ne laissera personne indifférent. Tenez-vous prêt : la révolution (re)commence !

Film réalisé par Rupert Wyatt, sorti le 10 août 2011

Le pitch

César est un singe peu ordinaire. Et pour cause : sa mère chimpanzé est morte en lui léguant un patrimoine génétique issu d’une expérience menée dans le cadre de la recherche d’une cure pour la maladie d’Alzheimer. Elevé et protégé par le scientifique ayant mené les tests, le sujet montre vite des facultés cognitives hors du commun pour un animal de son espèce. Asservi et trahi comme tous ses confrères cobayes, César sera bientôt l’élément déclencheur d’une véritable révolution des singes sur l’humanité…

L’action

Aux origines de la saga, rappelons que La Planète des singes est avant tout un roman de science-fiction écrit en 1963 par l’écrivain français Pierre Boulle. On a pour coutûme de le classer dans la famille des dystopies (ou contre-utopies.) Ce genre particulièrement sombre, que l’on peut identifier également dans Le meilleur des mondes d’Huxley (1932) ou encore 1984 d’Orwell (1948), dépeint une société imaginaire la pire qui soit, empêchant ses membres d’atteindre le bonheur.

Plusieurs fois retranscrit au cinéma, on retiendra notamment sa première adaptation éponyme en 1968 signée Franklin J. Schaffner. Tout comme les quatres “suites” sorties entre 1970 et 1973, dans l’ordre: Le Secret de la planète des singes, Les Évadés de la planète des singes, La Conquête de la planète des singes et La Bataille de la planète des singes. Enfin notons que la dernière adaptation que l’on doit à Tim Burton date de 2001 (10 ans déjà !) et constituait un remake du premier épisode sorti en 1968. Accueilli de façon mitigée par la critique et les fans de la saga, ce dernier portage à l’écran de l’univers de Pierre Boulle a laissé un certain sentiment d’inachevé… Jusqu’à aujourd’hui.

“Bouleversant”, finalement il n’y a pas d’autre mot qui vient à l’esprit après avoir quitté la salle de cinéma. La Planète des singes: les origines est tout simplement mené d’une main de maître de bout en bout. Après avoir vu ça, on peut presque mourir tranquille (bon là j’y vais un peu fort quand même mais vous avez compris le message.) La vraie réussite du film réside sans doute dans un parti pris efficace de réalisation. Exit les effets spéciaux à outrance tels qu’on peut en voir dans toutes les dernières superproductions hollywoodiennes, l’accent est mis sur la psychologie des singes et l’évolution du rapport homme-animal. Comment ne pas ressentir des frissons devant la montée en intelligence de César, prenant conscience de lui-même face à un monde qui ne cesse d’opprimer ses semblables? Comment ne pas se sentir ému devant les scènes de révolte orchestrées par des singes enfin libérés du joug des humains?

Au cours du film, les traits humains que l’on voit apparaître chez les singes sonts criants de réalisme. La technique employée de modélisation des visages et du comportement des primates est vraiment convainquante. C’est sans doute pour cette raison que l’on en vient à ce point à être pris de compassion pour César et ses acolytes, comprenant vite que l’homme est l’ennemi dont il est nécessaire de s’affranchir pour vivre. Le retournement de situation en faveur des singes est vraiment jouissif à suivre et, à mesure que le film avance, on ne peut s’empêcher d’encourager profondément chimpanzés, gorilles et orangs-outans à s’allier pour conquérir le monde et faire payer à l’homme son comportenant paradoxalement inhumain. La fin du film (ne vous arrêtez pas à l’apparition du générique) annonce même une suite potentielle qui mettrait en exergue les prémices d’une extinction de la race humaine… A suivre 🙂

La Planète des singes: les origines émeut, dérange parfois et soulève la question de la place de l’homme dans la chaîne de l’évolution décrite par Darwin. Le film est une franche réussite. Autant le précédent opus porté à l’écran par Tim Burton n’était pas franchement folichon, il faut bien l’admettre, autant la version de Rupert Wyatt correspond au préquel tant attendu qui offre au spectateur une entrée dans la saga fidèle à l’esprit de l’histoire originale. On en viendrait presque à se sentir davantage chimpanzé qu’humain après être sorti de la salle, c’est dire!

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