JigsawLe premier Saw avait créé la surprise en 2004 avec son jeu de piste macabre inspiré de l'excellent Seven (1995). Le succès de cette petite production horrifique (1 million de dollars de budgets / 60 millions de dollars de recettes) a logiquement engendré des suites. Passer d'un projet artisanal à un produit industriel à l'échelle planétaire revient-il à considérer le cerveau du spectateur comme un simple organe de réflexe ?

Saw 2 l'affiche du filmJohn Kramer est un ingénieur épris de sa femme Jill, qui gère une clinique chargée de réhabiliter les drogués. Or, la clinique se fait cambrioler un soir, et Jill se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Un drogué nommé Cecil heurte involontairement son ventre alors qu'elle est enceinte. Elle fait une fausse couche et le couple Kramer ne s'en remettra pas. Ce dernier apprend par la suite qu'il est malade : tumeur du lobe frontal, non opérable.

John Kramer démarche auprès des assureurs médicaux : il rencontre William Easton. Ce sinistre individu sélectionne ses clients selon une méthode très simple : plus le client est bien portant, plus il va payer l'assurance longtemps. William calcule sa probabilité de survie en se basant sur le dossier médical de son patient et refuse aussitôt de couvrir ses frais, même pour un traitement expérimental. N'ayant pas les moyens de se faire soigner, John Kramer se sait condamné. Il n'accepte bientôt plus la lente décrépitude de son corps et décide de se suicider dans un accident de voiture.

Saw 3 l'affiche du filmContre toute attente, John survit. Cette seconde chance provoque en lui une prise de conscience. Le fait d'avoir frôlé la mort le convainc qu'il est intolérable pour l'homme de mépriser la vie, que ce soit la sienne ou celle des autres. Même malade et souffrant, Kramer décide de lutter de toutes ses forces : il se transforme en Jigsaw. Il repense à tous ceux qui lui ont fait du tort, à lui et à sa famille, pour leur faire payer. John enlève sa première victime (Cecil, le drogué responsable de son divorce) en l'anesthésiant par surprise. Lorsque la victime émerge du sommeil, un message enregistré lui explique comment sortir vivante de la cage où elle croupit. Dès que le message s'achève, la victime a une durée limitée pour exécuter le plan de Jigsaw. Lorsque la victime ne doit pas se mutiler sévèrement (sacrifier un de ses membres) elle doit subir un choc psychologique irréversible. Ces épreuves sadiques poursuivent un double but :

- John Kramer accorde uniquement son pardon en rendant le mal qu'on lui a fait.

Saw 4 l'affiche du film- Tous ceux qui méprisaient auparavant la vie ont découvert grâce à John quels sacrifices ils étaient prêts à accomplir pour survivre. Devenus infimes ou traumatisés, Jigsaw a changé de manière définitive leur mode de vie et leurs rapports aux autres.

À bout de force, John est devenu trop vieux et malade pour mener à bien sa mission de rédempteur. Une survivante du premier Saw, une droguée nommée Amanda Young, accepte de l'aider à mettre en place les labyrinthes sadiques (Saw II et Saw III). John a changé sa vie, elle éprouve une fascination malsaine pour les méthodes radicales du maître. Mais à la grande différence de John, qui laisse toujours une chance de survie, Amanda n'accorde aucun pardon. Les victimes ne peuvent pas changer parce qu'elle-même, toujours sous l'emprise de la drogue, a renoncé à changer. John a doublement la preuve de son échec : Amanda tue par fanatisme le médecin qui venait de tenter sur lui une opération de la dernière chance dans Saw III. Une victime, Jeff Reinhart, parvient jusqu'à Amanda et la tue. La colère de Jeff étant trop forte pour pardonner à Kramer tout le mal qu'il a fait, il le tue dans la foulée.

Saw 5 l'affiche du filmC'est le lieutenant de police Mark Hoffman qui reprend le flambeau de Jigsaw. D'abord bien malgré lui, puisqu'il a tué l'assassin de sa sœur et fait passer sa mort pour un piège de Jigsaw. Le vrai Jigsaw, John Kramer (encore vivant à l'époque), captura en conséquence Mark pour le mettre à l'épreuve. Une fois le test achevé, John se sert de Mark pour installer des pièges et retarder la police en brouillant les pistes. Mark est contraint d'obéir, car si John est arrêté, le meurtre qu'il a commis sera aussitôt dénoncé. Mark met alors en place les pièges de John (Saw IV, Saw V et Saw VI), notamment celui de William Easton et de ses associés (qui ont condamné John a mort en refusant de financer le traitement de son cancer).

Mark accomplit les dernières volontés de Kramer en suivant les ordres de son ex-femme, Jill, qui est une farouche héritière de Jigsaw. Une fois le plan de Kramer exécuté et les escrocs de l'assurance santé tués dans Saw VI, Jill piège Mark comme l'avait exigé John. Sauf qu'il ne s'agit pas d'un test : Jill désire être la seule héritière de Jigsaw. Mark, décidément résistant et chanceux, survit à cette nouvelle épreuve. Saw VII raconte l'affrontement entre Jill et Mark, et révèle le troisième héritier de Jigsaw.

Pour sortir d'un piège, le Dr. Gordon, oncologue ayant diagnostiqué le cancer de John, a du se scier le pied dans le tout premier Saw. Complètement traumatisé après une telle épreuve, il obéit aveuglément aux ordres de John. Les yeux et les bouches cousues, toutes les interventions chirurgicales que John était incapable de réaliser étaient en fait l'œuvre de son troisième disciple, le Dr. Gordon. Avant de mourir, Kramer a chargé le Dr. Gordon de protéger Jill contre Mark. La course à l'héritage de Jigsaw s'achève logiquement dans un bain de sang (Saw VII).

Le bilan de la saga Saw

Saw 6 l'affiche du filmAprès le succès du premier Saw, les producteurs savent que les spectateurs recherchent un défouloir sadique et vont leur en donner pour leur argent lors des films suivants. Sept films en sept ans (2004-2010) cela revient à produire un film par an. Une telle frénésie à tourner coute que coute des suites revient à éliminer complètement l'intrigue originale et à s'évertuer à mettre en scène les pièges les plus horribles qui soient.

À vrai dire, même l'aspect trash est raté : ce n'est pas en bombardant de flash un morceau de chair sanguinolent en gros plan que le spectateur va éprouver de la peur. A la limite, la bidoche martyrisée suscite du dégoût, mais dans ce cas autant filmer en gros plan une boîte de cassoulet en train de bouillir, c'est tout aussi vomitif. Si le premier film réalisé par James Wan Darren mérite un 7/10, le reste est d'une rare nullité et ne vaut qu'un poussif 3/10.

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