Le dernier né de la saga James Bond, Spectre, est déjà auréolé de nombreux records comme celui du meilleur démarrage au box-office du Royaume-Uni ou encore du meilleur premier jour de l'histoire du cinéma en France ! Le film permettant de redécouvrir l'ennemi historique de James Bond est-il l'épisode du renouveau pour la saga ? Élements de réponse dans la suite de notre article.

32 ans après Jamais plus Jamais (1983), Bond affronte à nouveau le Spectre

Vingt-quatrième opus de la série des James Bond, Spectre est le quatrième film de la saga dans lequel Daniel Craig incarne le célèbre agent 007. Après avoir vaincu le Chiffre au poker dans Casino Royale, vengé Vesper en contrecarrant les plans de Dominc Greene dans Quantum of Solace et sauvé une fois de plus le MI6 et l'Angleterre dans Skyfall, Bond poursuit la dernière volonté de M à Mexico où il se lance sur les traces d'un certain Sciarra.

Alors que le programme 00 est sur le point d'être mis aux oubliettes, Bond découvre l'existence d'une organisation aux embranchements tentaculaires ayant pour objectif le contrôle totale de l'information : le Spectre.

Le Spectre : une organisation qui ne date pas d'hier...

Organisation criminelle fictive imaginée par Ian Flemming dans les romans James Bond, le Spectre est en réalité l'acronyme de Service pour l'espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l'extorsion. Sous la direction de Ernst Stavro Blofeld, l'organisation internationale a pour objectif la domination du monde par le profit et le contrôle de l'information. A l'exception d'Auric Goldfinger, les ennemis des James Bond incarnés au cinéma par Sean Connery et George Lazenby étaient pour la plupart membres de cette organisation.

La saga James Bond relancée ?

Des James Bond girl transparentes

Sans verser dans le spoiler, Spectre fonctionne avant tout grâce à ses acteurs qui jouent, avouons-le, une partition correcte (pour ne pas dire attendue) mais sans plus. On passera sur une Monica Bellucci quasi invisible (ou inutile c'est selon) dans le film (à l'exception d'une scène de baiser ayant entraîné la censure en Inde).

De son côté, même si Léa Seydoux "fait le job" en tant que James Bond Girl, l'alchimie avec Bond a du mal à prendre. En effet, l'actrice incarnant Madeleine Swann, la fille de M. White - que Bond va s'efforcer de protéger du Spectre - en vient à succomber au charme de l'espion aussi vite que prévu, qui plus est après des scènes où l'émotion paraît quelque peu surjouée...

L'actrice française n'est malgré tout pas "mauvaise" mais force est de constater qu'une Eva Green dans Casino Royale était un cran au-dessus.

Le MI6 est toujours dans la place

Côté MI6, depuis Skyfall, Ben Wishaw a reprit le rôle de Q lui redonnant une nouvelle jeunesse et un côté "jeune hacker bidouilleur" qui marche plutôt bien au cinéma. Alors effectivement dans Spectre, le surdoué de l'informatique tient bien son rôle, mais avec l'effet de surprise post-Skyfall en moins. Le nouveau M s'impose comme un personnage incontournable de la saga sur lequel Bond peut finalement compter et réciproquement. Alors qu'elle avait un rôle un peu plus conséquent dans Skyfall, Moneypenny revient ici dans sa fonction historique de secrétaire de bureau sans grande consistance pour le scénario déroulé. Dommage.

Dans la famille des méchants, je demande la brute épaisse et le cerveau

Le catcheur Dave Bautista, quant à lui,  rempli bien sa fonction de grosse brute à la solde de l'ennemi se frottant à Bond au cours de scènes d'actions musclées : courses poursuites en voiture de luxe, combat à mains-nues dans un train... pas de doute vous êtes bien devant un James Bond des plus classiques ! Cependant rien de nouveau dans tout celà : aucune surprise digne de ce nom et finalement un rôle de brute épaisse mené sans charisme.

Enfin parlons du grand méchant de l'histoire : Franz Oberhauser devenu Ernst Blofeld à la tête du Spectre. Joué par le désormais célèbre Christoph Waltz (dont le rôle de nazi dans Inglorious Bastards reste un modèle d'incarnation de la terreur au cinéma), le personnage peine à s'imposer à l'écran. Pire, la fin de l'histoire lui ôte le peu de crédibilité qu'il avait réussi à glâner aux yeux des spectateurs. On en sourirait presque tant le dénouement est à la limite du ridicule pour un criminel de cet envergure. Notez que de nombreux clins d'oeils au Blofeld des premiers James Bond au cinéma sont disséminés dans le film : du chat blanc comme contraste à la barbarie jusqu'à l'apparition d'une flambante cicatrice sur son visage. Des petits détails que les fans de la saga apprécieront.

Une pointe d'humour pour sauver la donne ?

Tout au long du film de petites touches d'humour sont placées ça et là, aidant à casser la routine à laquelle tout spectateur habitué s'attend : d'un atterissage heureux sur un canapé en plein éboulement à la scène où Bond conduit une voiture configurée pour l'agent 009, en passant par celle où il rencontre en pleine nuit dans une chambre d'hôtel un petit rongeur malicieux... (je n'en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir). Bref, la petite dose de flegme britannique est bien présente, sauvant un peu ce qui aurait pu être un Spectre bien terne au final.

Spectre : un James Bond décevant

Vous l'aurez compris : Spectre est un James Bond décevant. Sur le papier, le retour du méchant historique avait de quoi faire saliver. A l'écran, la mayonnaise à du mal à prendre. En plein dans son stéréotype, Bond passe trop vite de la violence au sexe à travers des scènes qui s'enchaînent (trop) vite, ne permettant pas au spectateur d'y croire. On passera sur un générique raté (je parle ici de la musique ultra mielleuse, pas de la réalisation visuelle qui fait son petit effet). Le James Bond qui pourrait bien être le dernier pour Daniel Craig se place donc au niveau d'un Quantum of Solace. Loin d'un Goldeneye, d'un Casino Royale ou d'un Skyfall, Spectre fait donc partie de ces épisodes en demi-teinte placés entre deux films forts marqueurs de la saga. De bonne augure pour la suite ? 

Bande-annonce

Galerie photos

Source : L'histoire du Spectre sur Wikipédia

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