Adaptation au cinéma du célèbre best-seller d'Orson Scott Card, Ender's Game ou La Stratégie Ender, signe le retour à l'affiche d'un Harrison Ford en mentor manipulateur vieillissant bien loin de ses prestations de la grande époque. Sur le papier le scénario semble prometteur : invasion extra-terrestre, détection et formation d'un jeune surdoué capable de comprendre et d'éradiquer la menace qui pèse sur la Terre, vision stratégique et intelligente des combats dans l'espace... Mais l'adaptation cinématographique de la fiction interstellaire est une toute autre affaire. Preuve une fois n'est pas coutume que mettre le paquet côté effets spéciaux ne fait pas toujours un bon film.

On va bouffer du Doryphore !

La Stratégie Ender : film réalisé par Gavin Hood, sorti le 6 novembre 2013

Les Doryphores, espèce extra-terrestre hostile, ont attaqué la Terre dans un futur proche. Grâce à une action héroïque du commandant en chef de la Flotte Internationale, le désormais célèbre Mazer Rackham (Ben Kingsley), les aliens ont été vaincus et repoussés. Afin de prévenir toute nouvelle invasion des Doryphores, le colonel Graff (Harrison Ford) et le commandant Gwen Anderson (Viola Davis) s'affairent à recruter en urgence un nouveau leader capable d'annihiler définitivement la menace. C'est le jeune prodige Andrew « Ender » Wiggin (Asa Butterfield), timide mais doté d'une intelligence tactile hors-norme, qui se verra confier cette lourde tâche...

La Stratégie Ender : nouvelle saga culte pour ados ?

Enième film de science-fiction mettant en scène des héros adolescents, La Stratégie Ender se place dans la même vague que les productions After Earth et la saga des Hunger Games qui cartonnent surtout auprès du jeune public, dans la lignée des phénomènes Harry Potter et Twilight. N'ayant pas lu le livre d'Orson Scott Card publié en 1985 (ouvrage couronné par les prix littéraires Nebula en 1985 et Hugo en 1986) j'ai donc porté un regard neuf sur le long métrage, détaché de toute critique éventuelle concernant la qualité de son adaptation. Au final je suis ressorti de la salle partagé : certes La Stratégie Ender est très « ado-geek-oriented » comme je m'y attendais, là n'est pas fondamentalement le problème. Le hic c'est que la majeure partie du film s'attache à suivre l'enchainement d'exercices de combat répétitifs, rythmés par des rivalités gamines, le tout ponctué par un sergent chef à l'autorité caricaturale, campé par l'acteur Nonso Anozie, auquel l'assemblée répond sans cesse en coeur par un « Chef, oui chef ! » qui a, comme dirait l'autre, comme un petit air de déjà-vu... Bon soyons honnêtes : au début une telle mise en ambiance passe, le temps notamment d'apprécier les cheveux blancs d'un Harrison Ford grimé en colonel Graff, mais à la longue les chamailleries de cour d'école finissent par lasser. Pire : c'est presque la seule chose que l'on retiendra du film.

L'art de la guerre ou pourquoi il faut aimer son ennemi pour mieux l'anéantir

En parallèle de ces aspects négatifs, j'ai tout de même noté un certain nombres d'éléments intéressants (oui je suis allé les chercher), davantage liés au scénario d'ailleurs qu'à la réalisation du film (elle est pour toi celle-là Monsieur Hood) : que les prétendants au poste de commandant en chef de la Flotte Internationale soient tous adolescents est justifié par leur capacité supérieure aux adultes à assimiler des schémas complexes : classique mais pas moins intelligent. La sélection des candidats à potentiel pour mener une guerre au sein de l'armée s'effectue par une analyse des comportements dans une simulation qui prend la forme d'un jeu vidéo : amusant quand on connait le rôle grandissant des simulations et autres jeux virtuels qui accompagnent aujourd'hui les formations militaires de notre monde. Les recruteurs sont également capables d'apprécier en temps réel ce que perçoivent les candidats grâce à un capteur implanté au niveau de leur nuque (on n'arrête pas le progrès !) La Stratégie Ender aborde ainsi quelques thèmes non dénués d'intérêt : la pratique du jeu vidéo détournée en processus de recrutement militaire, le formatage et la manipulation des jeunes recrues au sein de l'armée, la place pour l'empathie au coeur d'une guerre... Sur ce dernier point la citation qui ouvre le film résume bien son message principal « Au moment où je comprends véritablement mon ennemi, où je le comprends assez pour le vaincre, alors, à ce moment même, je l'aime également ».

Voilà, mis à part ces quelques réjouissances, l'adaptation m'a laissé une désagréable impression de vide intersidéral : on en prend plein les mirettes avec des effets spéciaux à tire-larigot mais c'est à peu près tout. On a presque mal tout du long pour Harrison Ford tant le souvenir de ses rôles de bad boy fringuant dans Star Wars, Blade Runner et la saga Indiana Jones nous hantent encore aujourd'hui. Heureusement le jeune Andrew « Ender » Wiggin livre une prestation correcte, incarnant avec justesse le premier de la classe jalousé et détesté par tous au début, qui parvient finalement à fédérer tout le monde y compris le petit caïd du groupe : classique mais toujours aussi efficace.

La Stratégie Ender est le premier épisode du Cycle Ender, ensemble de 6 romans publiés de 1985 à 2008. La question que l'on se pose est donc : est-on à l'aube d'une nouvelle saga pour ados ? Seul l'avenir nous le dira. Par contre monsieur le réalisateur [ATTENTION : SPOIL] épargnez-nous à l'avenir les scènes finales de violons sur les méchants extra-terrestres Doryphores qui sont en fait gentils... [FIN SPOIL] Esprit « Bisounours », déjà vu dites-vous ? Vous avez bien raison ! La Stratégie Ender reste cependant une bonne préparation avant la sortie en salle de Hunger Games : l'embrasement. A bon entendeur.

La bande-annonce de La Stratégie Ender

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