GravityLe petit dernier de la trinité mexicaine Del Toro / Iñárritu / Cuarón fait beaucoup parler de lui depuis plusieurs mois. Alors qu’il était resté dans l’ombre de ses pairs jusque là, si ce n’est sa petite incartade dans l’impitoyable monde des blockbusters avec Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, le nom d’Alfonso Cuarón est désormais sur toutes les lèvres. Le monde du cinéma ne tarit pas d’éloge concernant son dernier film Gravity, ovni visuel et sensoriel poussant les limites des technologies cinématographiques... À tel point que même James Cameron le qualifie de « meilleur film  sur l’espace jamais réalisé » !

Space survivor

Film réalisé par Alfonso Cuarón, sorti le 23 octobre 2013

Le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), brillante ingénieure médicale, part pour sa première expédition dans l’espace sous la tutelle du chevronné Matt Kowalski (Georges Clooney). Lors d’une banale sortie, afin d’effectuer quelques réparations, les astronautes se retrouvent sur la trajectoire d’une pluie de débris qui pulvérisent complètement leur navette et son équipage ! Stone et Kowalski se retrouvent alors seuls au monde, sans contact avec la NASA, sans ressource et avec une réserve d’oxygène limitée... Leur unique salut est de rejoindre les stations russe et chinoise par-delà l’espace. S’ensuit alors une lutte acharnée contre l’univers pour survivre et rejoindre la Terre !

En apesanteur sensorielle

Tout d’abord, le film est une véritable réussite aussi bien visuelle que technique. Le travail réalisé par les techniciens et infographistes est époustouflant ! On est subjugué par la beauté et le réalisme des panoramas terrestres : du lever de soleil à l’aurore boréale. Les jeux de lumière créés par la Light Box, procédé inventé spécialement pour le film, sont bluffants. Et il en va de même pour les scènes d’apesanteur, criantes de vérité grâce à l’aide d’une douzaine de câbles manipulés par des marionnettistes. Il faut aussi féliciter l’œil d’Alfonso Cuarón : certains plans sont forts de symbolique en plus d’être maîtrisés au niveau de la photo (cf. analogie au fœtus en sécurité dans le ventre de sa mère) !

Mais surtout la grande réussite du film tient dans sa réalisation, son montage qui repose sur un constant jeu de bascule ! On passe sans cesse d’un état à un autre : d’intérieur à extérieur, de vue objective à subjective, de vue terrestre à vide sidéral, du bruit au silence, de plan panoramique à zoom serré, etc. Ce perpétuel va-et-vient permet au spectateur de se retrouver catapulté à la place de l’acteur à plusieurs reprises (surtout pendant les moments les plus intenses), ce qui accentue la sensation d’immersion déjà engagée avec la 3D.

L’autre intelligence de Gravity est l’absence de vide émotionnel. Cuarón maintient nos émotions en apesanteur tout au long du film, et il ne leur laisse jamais reposer pied sur terre ! Le spectateur zigzague entre sentiments de plénitude, d’extase, de peur, de tension, de peine, de désarroi, d’espoir, de soulagement, etc. Du coup, il se sent d’autant plus impliqué dans ce que vit Stone. Le véritable génie de la manœuvre résidant dans le fait que le dosage est assez bien balancé pour que le spectateur ne se sente pas trop dirigé/manipulé !

Succès planétaire ?

Certes Gravity est phénoménal sur bien des points ! Véritable réussite visuelle, prouesses techniques, réalisation impeccable... Mais de là à crier au chef-d’œuvre, il lui manque encore un petit quelque chose : un scénario béton.
Bien sûr, en reprenant le thème universel de la lutte pour survivre... Voir même revivre, Cuarón pouvait au mieux composer un film simple et efficace mais rien de brillant scénaristiquement parlant. Quoique... Simple... Il faut quand même avouer que l’aspect catastrophe louche méchamment vers la loi de Murphy à la fin ! De plus les analogies espace/vide émotionnel et instinct de survie/renaissance sont bien travaillées mais restent néanmoins convenues.

En somme, Gravity se positionne en tant qu’expérience sensorielle et non intellectuelle... Expérience totalement jouissive ! Et c’est ce qui fait le succès de ce film.

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