IntouchablesAujourd'hui la mode est aux adaptations cinématographiques d'oeuvres littéraires ou d'histoires vraies, nos salles de cinéma en regorgent ! Intouchables ne déroge pas à la tendance et fait partie des seconds. C'est après avoir vu le documentaire A la vie, à la mort qu'Eric Toledano et Olivier Nakache ont éprouvé le désir de réaliser un film inspiré du duo particulier formé par Philippe Pozzo di Borgo et Abdel Sellou. Il aura fallu attendre sept ans pour voir aboutir le projet !

Intouchables réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache, sorti le 2 novembre 2011

Le pitch

Driss (Omar Sy), jeune banlieusard à peine sorti de prison, se présente à un entretien d'embauche dans l'attente d'essuyer un troisième refus et de pouvoir ainsi toucher les allocations chômage. Philippe (François Cluzet), aristocrate nanti devenu tétraplégique à la suite d'un accident de parapente, trouve en Driss la personne qu'il recherche : un homme qui ne le prendrait pas en pitié et qui ne ferait pas cas de son handicap. Il lui offre donc le poste d'aide à domicile et tous deux vont faire cohabiter leurs deux univers diamétralement opposés à grand renfort de fous rires !

La critique

On découvre tout d'abord Driss, le véritable premier rôle de ce film. Jeune black de banlieue assis dans le hall d'un hôtel particulier, entouré d'une ribambelle d'hommes blancs tirés à quatre épingles... Un tableau bien singulier ! L'instant d'après on découvre celui qui sera son acolyte : Philippe, un homme fortuné et cultivé en fauteuil roulant, qui ne manque pas de sens de la dérision. La couleur est annoncée de suite, ce sera une histoire de contrastes !

Au premier abord, rien ne rapproche ces deux individus... Si ce n'est le sens de l'humour malgré leur handicap. Philippe n'est pas le seul diminué dans cette histoire; bien que Driss ait encore l'usage de ses bras et de ses jambes, il est lui aussi entravé, du fait de sa condition sociale. On le découvre lors de ses brefs retours dans sa cité, qui permettent de marquer l'écart entre les deux hommes et leurs deux mondes, sans pour autant jouer la carte du désoeuvrement le plus total. Intouchables est un film tout en légèreté, qui se consacre à montrer l'aspect le plus sympa des thèmes et personnages qu'il aborde.

Ces deux bonshommes jovials, qui ne se focalisent pas sur des a priori, forment dès le début un duo de choc ! La paire Omar Sy / François Cluzet fonctionne à merveille sur grand écran. On ressent une alchimie entre eux, leurs réparties s'enchaînent avec humour et naturel entraînant les rires du public. Et petit à petit on voit se construire une amitié et un respect mutuel, naturellement, indisciblement... Sans charge de bons gros sentiments.

La force de ce film réside dans l'absence de pathos. Philippe ne s'apitoie pas sur son handicap, ne clame pas à tout bout de film que ça vie est difficile, foutue et qu'il désirerait en finir... Non, rien de tout ça.  Il profite de ce qu'il a et même si à certains moments on ressent son mal-être, ce n'est jamais de manière appuyée. Il en est de même pour Driss, il ne se plaint pas des galères qu'il a vécu. Le film n'a pas pour objet de dresser un tableau sombre des banlieues et des difficultés que vivent les jeunes qui y grandissent. On est loin des violons et de la guimauve dont raffolent les Américains. Raison d'ailleurs qui fait craindre un remake US, car les droits du film ont été récemment achetés...

L'autre atout d'Intouchables est la prestation des acteurs. La connivence qui semble lier Omar Sy et François Cluzet à l'écran paraît réelle, et si elle ne l'est pas, alors les deux hommes jouaient merveilleusement bien la comédie ! Omar Sy s'en tire très bien pour un acteur qui a peu de bouteille, il provoque l'hilarité sans faire excessivement le clown. François Cluzet est lui aussi dans la retenue... physique comme émotionnelle. Tous deux ont réussi à se maintenir dans la justesse, sans basculer dans la caricature.

Intouchables est une jolie surprise, une comédie touchante et juste, vouée à une reconnaissance internationale. Le film a déjà obtenu le prix du meilleur film et celui du meilleur acteur pour le couple Omar Sy / François Cluzet au Festival du Film International de Tokyo, et les droits ont été achetés par la Weinstein pour une distribution et un remake Outre-Atlantique. Avec La Guerre est déclarée, The Artist, Polisse et Intouchables, on peu affirmer que le cinéma français se porte plutôt bien !

Partager l'article sur les réseaux sociaux
Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Dernières news cinéma

  • 1

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.