The ProdigiesMauvais point : on m'oriente vers la plus petite salle du cinéma multiplexe alors que le film vient de sortir. J'ouvre la porte sur... une salle vide ! Je me demande si je ne me suis pas trompé de salle jusqu'à l'arrivée de la pub. Enfin, un couple m'arrache à mon sentiment de solitude, suivi par un autre type. Nous sommes donc quatre au total à vouloir assister à la séance de 20h de The Prodigies. Un tel bide est-il justifié?

Après Renaissance, le studio Onyx Films remet le couvert

Film réalisé par Antoine Charreyon, sorti le 8 juin 2011

Le studio Onyx Films n'en est pas à son premier essai : le film d'animation Renaissance (2006) m'avait agréablement surpris grâce à son traitement résolument adulte de l'histoire et de la violence graphique, sans compter son style visuel en noir et blanc emprunté à Sin City. Malheureusement, Renaissance n'a pas marché en salles. Et malgré toutes ses qualités, The Prodigies est en train de suivre la même pente glissante...

Un contrôle mental prodigieux ?

Jimbo Farrar (Mathieu Kassovitz en version française) est un adolescent maltraité et incompris. De colère, il fait entretuer ses parents par la pensée. Il est en effet un « Prodige », un adolescent capable de prendre le contrôle des êtres vivants, hommes ou animaux, et de les faire souffrir à mort. Pris en charge par Killian, un riche homme d'affaires qui a perçu son potentiel autodestructeur, Jimbo va devenir adulte et maitre de son incroyable pouvoir.

Une vingtaine d'années plus tard, Jimbo va entrer en contact avec cinq autres adolescents Prodiges. Rendez-vous est pris une nuit à Central Park. Mais rien ne se passe comme prévu : Jimbo arrive en retard, les Prodiges se font attaqués par deux criminels. Un acte irréparable se produit : une Prodige est violée lors de l'agression. La firme Killian étouffe l'affaire car les Prodiges font l'objet d'importants enjeux financiers. Dès lors, les Prodiges se sentent investis d'une mission : tuer tous les adultes qui les ont fait souffrir, sur le modèle des Mutants qui luttent contre l'humanité et les X-Men. Peu importe si dans leur soif de vengeance, ils emportent le Président des États-Unis et rasent la firme Killian d'une bombe nucléaire. Jimbo, le seul adulte capable de les raisonner, fait parti de la liste noire.

The Prodigies : un film d'animation explosif

Une réalisation originale inspirée des jeux vidéo

Le réalisateur Antoine Charreyron aime les jeux vidéo : il a réalisé les séquences cinématiques des jeux Tomb Raider 6, Terminator 3, Godzilla, Donjons et Dragons, 50 Cent Bulletproof et Bourne Identity. Le rendu à l'écran est donc proche d'un jeu vidéo, surtout lorsque le spectateur entre dans la tête d'un Prodige. Le décor s'efface pour mieux matérialiser la terreur des adolescents devant les adultes qui cèdent à la sauvagerie. Face aux torrents de bestialité et de haine, les Prodiges apeurés obligent les monstres à devenir aussi ridicule que des marionnettes prises de convulsions électriques.

L'animation et la 3D assurent le spectacle, tandis que style graphique divise. Le design des personnages tend vers le cartoon, et évoque les jeux vidéo du genre Point n' Click : Runaway, Monkey Island, Sam & Max. N'allez pas croire pour autant que les bonnes bouilles de The Prodigies laissent présager un humour à la Cars 2 ou Kung Fu Panda 2 ! S'il est vrai que The Prodigies s'éloigne quelque peu de la radicalité de Renaissance, il contient néanmoins des scènes "choc" : un adolescent roué de coups de ceinture par son père, une scène de viol assez longue et dérangeante, des suicides et des automutilations à la chaîne... Malgré tout, The Prodigies atténue la violence de certaines scènes crues du roman La Nuit des enfants rois (écrit par Bernard Lentéric) dont il est tiré.

La Maison blanche prend cher

Le bilan est largement positif, surtout en 3D. Quelques peccadilles m'ont néanmoins perturbé : le placement de produits publicitaires est énervant. Les visages sont vraiment épurés, donnant un aspect "pâte à modeler" difficilement conciliable avec l'esprit et la violence du film. Mais le gros bémol reste la fin, qui souffre d'incohérences. Alors que les Prodiges ont saccagé la Maison blanche sans dessus dessous, tué une trentaine de gardes du corps et tiré un missile nucléaire, ils ne sont même pas arrêtés par la police ! Si on peut comprendre que les témoignages rapportés par les victimes survivantes puissent être difficilement probants, on n'imagine pas la Maison blanche sans caméras ni micros de surveillance. Les moindres faits et gestes des Prodiges ont donc été enregistrés. Mais non, les Prodiges errent ensuite dans les rues comme si de rien n'était, et le scénario ne donne aucune explication publique au massacre de la Maison blanche. Cette fin ouvre le champ libre à une suite. Sauf que les producteurs comptaient sans doute sur le succès du premier film avant de lancer le deuxième. Dommage, c'est raté.

La bande-annonce de The Prodigies

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