The Green HornetAu regard des précédents films de Michel Gondry, des chefs-d’œuvre intimistes (2001 : Human Nature / 2004 : Eternal Sunshine of the Spotless Mind / 2006: La Science des rêves / 2007: Soyez sympas, rembobinez), il y a de quoi se demander comment le réalisateur français le plus décalé en est-il arrivé à tourner un blockbuster américain ?

Film réalisé par Michel Gondry, sorti le 12 janvier 2011

C’est une succession de ratages qui explique que la réalisation du Green Hornet vint échoir à Michel Gondry. Kevin Smith, le réalisateur des excellents Clerks, Dogma, Zack et Miri font un porno, écrit le scénario du futur Green Hornet afin de le réaliser. Mais comble de l’ironie, lui qui est aussi un habitué du cinéma indépendant, se voit confié la réalisation d’un autre blockbuster (Top Cops, avec Bruce Willis). Kevin Smith abandonne le Green Hornet et les producteurs de chez Sony repartent de zéro. Stephen Show (Crazy Kung-fu, Shaolin Soccer) accepte le projet et s’attribue même le rôle de Kato. Cependant, sa vision du film ne colle pas avec le nouveau scénario de Seth Roger : « Le Frelon Vert a une structure fixe, comme la façon dont Green Hornet et Kato sont amis et travaillent ensemble pour combattre les méchants. Cette partie de l’histoire ne peut pas être changée, mais Stephen voulait quelque chose de différent, alors il a dû partir ». Nicolas Cage quitte lui aussi le tournage, et le rôle du méchant revient à Christoph Waltz, le nazi inoubliable de Inglourious Basterds. J’aime autant vous dire que les producteurs chez Sony font la tronche : Seth Roger s’est attribué le rôle principal, le quasi inconnu Jay Chou joue désormais Kato, et toutes les stars « bancables » ont quitté le navire. C’est dans ces conditions que Michel Gondry réalise le film. Et puis, souvenez-vous que ce n’est pas la première fois qu’Hollywood recrute un cinéaste français reconnu pour son style fantaisiste : Alien IV, réalisé par Jean-Pierre Jeunet en 1997, en est un parfait exemple. Le pari de mixer cinéma d’auteur et production hollywoodienne n’est donc pas si impossible que ça à tenir.

Le pitch

Le film de Michel Gondry restitue l’esprit de la série TV en jouant sur la complicité du Green Hornet et de Kato. L'originalité du film tient au renversement des conventions : la secrétaire Cameron Diaz n’est pas employée pour son physique sexy, mais pour ses capacités intellectuelles indispensables à l’élaboration du mythe du Green Hornet. Quant au Green Hornet, c’est un super-héros sans aucun pouvoir ! Il ne serait rien sans son homme de main, Kato : c’est lui l’authentique héros, le champion de kung-fu qui tabasse les méchants, l’inventeur de génie qui crée des armes spéciales, le chauffeur hors pair de la Black Beauty. Pourquoi le Green Hornet n’est-il qu’un faire-valoir ; et l’homme de l’ombre un héros ? C’est la présence de Bruce Lee dans le rôle de Kato qui popularisa les aventures du Green Hornet dans la série TV de 1966. Tout le monde a oublié aujourd’hui l’acteur qui incarnait le Green Hornet !

L’action

Le film ne vire jamais totalement à la comédie pure, les scènes d’action en 3D fournissent en effet un bon gros défouloir où Michel Gondry s’amuse à tout faire exploser ! Certaines scènes mélangent carrément l’action et la comédie, notamment lorsque le Green Hornet se bat contre Kato dans sa luxueuse villa, et que les deux héros massacrent joyeusement l’ensemble du décor ! Entre les gags de Seth Roger, les combats à main nue, les courses poursuites et le mémorable combat final, le rythme est soutenu.

Le film fourmille de trouvailles visuelles propres à Michel Gondry, le duo comique Seth Roger / Jay Chou fonctionne bien, et les seconds rôles incarnés par Cameron Diaz et Christoph Waltz dynamitent les conventions du genre. Bien entendu, il ne s’agit pas du film le plus personnel de Michel Gondry, et c’est bien là tout ce que l’on peut lui reprocher. On en prend plein les yeux et les oreilles pendant deux heures, sans prise de tête, et c’est ce que voulait Sony.

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